L’UEFA paie une grande partie des coûts et partage les revenus » :
Directeur général d’Euro 2016 SAS, la société organisatrice du tournoi, le Suisse Martin Kallen supervise les préparatifs de sa quatrième compétition d’affilée depuis 2004.
Avant le tirage au sort de l’épreuve, samedi 12 décembre à Paris (à partir de 18 heures), le numéro deux d’Euro 2016 SAS revient pour Le Monde sur les structures de sa société et les enjeux économiques du tournoi.
Quel est le périmètre exact de vos fonctions à Euro 2016 SAS ?
Je suis directeur général des opérations pour l’Euro 2016. Je suis donc un peu responsable de tout, du marketing, aux télévisions jusqu’aux opérations sur site, les stades, camps de base, hôtels.
Je veille à ce que tout se déroule bien et que tout le staff soit impliqué. Mon supérieur, en France, est Jacques Lambert, qui est le président d’Euro 2016 SAS. Et à l’Union des associations européennes de football (UEFA), c’est le président Michel Platini [actuellement suspendu quatre-vingt-dix jours par le comité d’éthique de la FIFA] et son secrétaire général, Gianni Infantino.
Il y a derrière tout cela un historique qui remonte à 2004. Ces décisions de l’UEFA ont été prises dès 2000, après le championnat d’Europe en Belgique et en Hollande. Il s’agit de la dernière édition en date à avoir été structurée autour d’un comité d’organisation local, comme ce fut le cas en France pour le Mondial 1998, avec une structure nationale.
En 2000, l’UEFA a donc consulté plusieurs organisateurs qui avaient officié par le passé, des partenaires et des dirigeants du comité exécutif de l’UEFA, pour évaluer quelle pourrait être la meilleure structure pour organiser un grand événement tous les quatre ans. Lorsque l’on a un comité national ou local, le problème majeur, sauf exception, c’est que les gens font ça pour la première fois. Certes, on ne part pas forcément de zéro, mais l’ampleur prise par ce Championnat d’Europe et sa croissance pendant ces dernières années ne nous permettent pas de tout réexpliquer, de tout réinventer à chaque édition.
Donc, l’idée de base est de transférer ce savoir-faire existant d’une édition de l’Euro à la suivante.
Nous avons commencé en 2004 avec un premier modèle qui réunissait la Fédération portugaise de football, le gouvernement portugais, et l’UEFA.
En 2008, l’organisation regroupait l’UEFA et les Fédérations suisse et autrichienne. En 2012, nous avons fait deux comités locaux avec un steering group commun (le conseil d’administration) sous la responsabilité de l’UEFA. Et en 2016, les deux actionnaires sont l’UEFA et la Fédération française de football.
Elles ont décidé de créer Euro 2016 SAS, société présidée par Jacques Lambert, pour mener l’opération. Qu’ils soient basés à Paris ou en Suisse, tous les membres de l’équipe travaillent pour le projet Euro 2016 SAS.
